La ville d’Uvira, au Sud-Kivu, traverse actuellement l’une des crises humanitaires les plus inquiétantes de ces dernières années. New Vision in World (NVW), engagée dans la protection et l’assistance des communautés les plus vulnérables, exprime une profonde préoccupation face à l’ampleur des besoins humanitaires observés dans cette partie du pays. Les récents affrontements armés et l’instabilité persistante dans la province ont entraîné des déplacements massifs touchant plus de 554 000 personnes, dont un nombre important s’est réfugié dans les zones d’Uvira et de Fizi.
Des violences continues malgré le retrait annoncé du M23
Bien que le retrait du M23 de la ville d’Uvira ait été annoncé le 17 décembre 2025, la situation demeure hautement instable. Les violences armées se poursuivent le long de l’axe Uvira–Fizi, poussant quotidiennement les familles à fuir leurs villages pour chercher refuge dans des localités déjà saturées. Cette insécurité persistante continue de fragmenter les communautés, aggravant les vulnérabilités des personnes déplacées, dont de nombreux enfants et femmes isolées.
Des services sociaux essentiels à l’effondrement
NVW est particulièrement préoccupée par les attaques ciblées contre les infrastructures essentielles. Selon OCHA, au moins sept structures de santé dans les zones de santé de Ruzizi (Uvira) et de Fizi ont été pillées. De plus, huit écoles primaires soutenues par des programmes du PAM ont été vandalisées, compromettant l’accès à l’éducation pour des milliers d’enfants en pleine année scolaire.
Cette destruction systématique a des conséquences directes : surcharge des structures restantes, manque de médicaments, difficultés d’accès aux soins et interruption de la scolarité ― autant d’éléments qui aggravent les risques de violences, de maladies et de déscolarisation prolongée.
Une flambée du choléra en pleine période de déplacements massifs
La crise humanitaire est également exacerbée par une recrudescence des cas de choléra, signalée dans plusieurs localités du Sud-Kivu. Le manque d’eau potable, la promiscuité dans les sites de déplacés et l’effondrement des services WASH créent des conditions propices à une propagation rapide de la maladie. Les équipes médicales luttent pour contenir l’épidémie dans un contexte de ressources limitées et d’accès sécurisé restreint.
Des retours forcés faute d’alternatives viables
NVW note également le retour préoccupant d’environ 270 ménages depuis le Burundi vers Baraka, motivés non par une amélioration des conditions sécuritaires, mais par le manque d’assistance dans leurs lieux d’accueil. Ces mouvements contraints témoignent d’une fragilité humanitaire régionale interconnectée, où aucune zone d’accueil ne garantit sécurité et dignité pour les familles déplacées.
L’appel de NVW
Face à cette situation, New Vision in World (NVW) appelle :
- Les autorités locales et nationales à renforcer la protection des civils et à garantir la sécurité dans les axes humanitaires ;
- Les partenaires internationaux et humanitaires à augmenter les ressources dédiées aux interventions multisectorielles à Uvira ;
- Les bailleurs à soutenir d’avantage les initiatives locales capables de répondre rapidement aux besoins des communautés ;
- Les mécanismes de coordination à intensifier les efforts conjoints pour la réponse WASH, santé, protection, éducation et abris.
NVW réaffirme son engagement à travailler aux côtés des communautés affectées, mais souligne que l’ampleur de cette crise dépasse les capacités locales actuelles. Une intervention accrue et coordonnée est indispensable pour prévenir une détérioration encore plus grave de la situation humanitaire à Uvira.

